« ça déchire ta langue et ça te sauve »

PRIX INTERNATIONAL DE POÉSIE FRANCOPHONE YVAN GOLL 2021

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« Et le poème de Maud Thiria, par sa forme et ses motifs récurrents, dit bien cette obstination à bâtir solidement, coûte que coûte, au prix d’efforts constants. Blockhaus est un travail de longue haleine, une forme de résilience hautement active : « et ça te reste au fond de la gorge/comme un tuyau te permettant de respirer/blockhaus cette longue respiration en toi ». Prise d’air profonde, souffle premier, élan vital – tout ce qui, de manière irremplaçable, dessine une identité unique : « ton trésor de guerre ».
Blockhaus ne résonne pas seulement longtemps à l’oreille. Si les poèmes de Maud Thiria forment un vaste et efficace dispositif acoustique, les encres de Jérôme Vinçon, en regard, donnent à palper de l’œil l’épaisseur, la densité des images mentales suscitées. Par la force du geste, il figure un paysage intérieur lourd et mouvementé à la fois, mobile, plastique, résolument au travail. »

Florence Saint-Roch, extrait de Abriter le bloc d’os, Terre à ciel, avril 2021

« En redessinant les contours du blockhaus dans une suite de strophes et d’échos, le livre, dans un renversement ultime, devient maison. Objet de peur, lieu d’envol, poli au fil du temps dans la mémoire et le cœur du poète, le blockhaus finit par être lui-même renouvelé dans le corps de sa langue. »

Aude Pivin, extrait de Souvenir du lieu qui sauve, remue.net, janvier 2021

« Un mot unique peut-il contenir à lui tout seul un univers d’écriture ? Peut-il à lui seul contenir un être tout entier et son langage ? À lire Blockhaus, le dernier recueil de Maud Thiria, il semble bien que oui. Toute une enfance se trouve en effet ici rassemblée, dans ces deux syllabes qui font bloc pour n’en former qu’un : Block/Haus//Blockhaus. Deux syllabes qui témoignent d’une terre dévastée, une « terre lorraine » meurtrie par un passé sanglant. Deux syllabes pour un mot unique, fiché en pleine mémoire d’enfance de la poète. Ainsi que dans sa chair d’adulte, Blockhaus, bloqué là, muscles et os formant rempart aux émotions et à la vie. Un bloc qui s’immisce en « cheval de troie ». Et qui cible au plus intime. Jusqu’à ne plus faire qu’un seul corps avec la poète. »

Angèle Paoli, extrait de La forge nourricière de Maud Thiria,Terres de femmes, octobre 2020

« Corps de bataille et de gouverne comme reconquête, dernière guerre livrée dans l’arbre en signature à la maladie de vivre, don intergénérationnel du portage au partage du muscle et de l’os légué au poème comme « trésor de guerre » d’une haute inspiration embrasant depuis la fin le début, ce livre étincelant le dit, à lire en intraveineuse et placer sous la langue de ceux qui en des formes closes impénétrables sur leur lit de mort d’un blockhaus nous précèdent arrivés vivants dans la lumière. »

Carole Darricarrère, extrait de Postface à la maison des morts, Sitaudis, septembre 2020

« On le voit, le parti pris par le livre de Maud Thiria, a quelque chose de profond et d’ambitieux. Touchant à ce qui, dans le temps long des choses, nous construit. Ce que vient d’ailleurs souligner la belle page de remerciements qui commence par évoquer ses « ancêtres lorrains, les enfermés en forteresse, les peintres verriers dont [elle dit suivre] la lignée d’ombre et de lumière ». »

Georges Guillain, extrait de Devenir blockhaus, Les Découvreurs, septembre 2020
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