Enfances

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1.

Rien.
La vie qui creuse
Et heurte les cloisons d’un ventre vide.

Tu es là
Au cœur du silence.
Tu troues le vide
Par un sourire sans mot.
Tu meus le vide
Par ta présence.

Rien.
La vie qui creuse
Et heurte les cloisons d’un ventre vide :
Tu es là.

2.

Aimer
Sans les mots pour le dire,
Sans les gestes pour l’étendre,
Qu’un regard léger qui plane,
Un souffle pur qui passe,
Fugace.
L’air s’enfle,
Se gonfle : le vide
Un instant empli de toi.

3.

De nos corps
Les larmes coulent
Et le lait
Et la terre
En pluie fine
Sur nos corps
En chute :

– y aura-t-il un jour une demeure ?

4.

Toute cette eau perdue
Et ce sang
Et ce vide
Et tes cris
Et tes yeux
Et mon ventre
Asséché
Et mes paumes
Eperdues
Qui te cherchent
Dans la nudité des jours.

5.

Le lait n’est pas tari
Ni la source.

– Souvenir :
Dans les fleurs bleues du jardin,
L’enfance joue à cache-cache.
Le grand-père est là
Dans ses bottes
Et les framboises
En grappes rouges
Coulent sur nos bouches
Ouvertes.

Le lait n’est pas tari
Ni la source.

© Maud Thiria, Enfances, poèmes accompagnés de peintures de Christian Gardair, 2006

 

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