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Place de La Sorbonne, no 7, printemps 2017, poème extrait de Cela qui coule
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« Rien qu’en touchant le bois
de la table où tu travailles
à convoquer ce qu’il reste encore
de vie en toi
tu continues d’avancer
le long de ses creux noueux
de ses auréoles de tasses
accumulées là
au passage des temps
le café bu
le lait et le vin
et leurs couleurs s’entrecroisant
en rosaces de vitrail
qui te saisiraient d’un coup
là posé sur ta table
et tu pourrais presque en sentir
au travers
les grains du verre
autrefois sable
entre tes doigts d’enfant
coulant
puis brûlant en pâte
avant de prendre forme
et de briller. »

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N47, no 30, automne 2016, série de poèmes intitulée En ton repli
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« Parfois l’ombre que tu portes
est plus claire que toi-même
plus légère peut-être
c’est comme des plumes
ton aile perdue là
sur les trottoirs où la lumière ruisselle
laissée là dans les flaques de l’enfance
en plein vol
en pleine chute
libre
et tu voudrais n’être plus que l’ombre de toi-même
la rejoindre
et t’envoler. »

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Recours au poème, no 68, décembre 2016, série de poèmes intitulée En un geste
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Thauma, no 14, Les mains, automne 2016, série intitulée Brindilles
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 » Et tu traces des dessins de boue et d’air
dans la lumière du matin
avant même l’horizon posé
et la rosée traversée
tu touches la feuille de mots et d’encre
dans la craie tendre
pour que scintille
encore
ton enfance
perdue
ses taches de couleur
et son noir qui ruisselle
sur le blanc du papier
cru. »

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A verse, no 12, automne 2016, série de poèmes intitulée Flaques
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« Autrefois les trottoirs étaient plus près des murs
tu sentais presque leur crépi
sur ta peau au passage
les frôlements des autres
marchant là
le glissement de leurs pas
s’évitant de justesse
se tournant autour
comme une danse
les passants te croisant
aux coins des ruelles
aux encoignures de tes os
te touchant
tu y repenses
et ta peau se sent seule
sur les trottoirs
trop larges
aux regards qui ne la croisent plus
l’évitant
la vidant lentement
de sa chair. »

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Diérèse no 68, automne 2016, série de poèmes intitulée Ce que la peau laisse

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« Toutes ces peaux laissées
derrière toi
araignées blanches
en fils de soie
vibrant dans l’air
en courant
mues de lézards
aux coins des murs
sur le perron
derrière les pierres
aux encoignures
aux angles des pièces
au fond des greniers
toutes ces peaux
d’autrefois
de ce qui fut peau
recouvrant
chair vivante
et là
peaux sèches
au dedans
au dehors
derrière soi
laissées. »

 

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Terre à ciel, rubrique Paysages, Dans l’embrasure de ta mémoire, avril 2016
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